Médina de Tunis

A l’instar de la plupart des villes méditerranéennes, Tunis vécut pendant des siècles à l’intérieur de ses murailles. Ville dense où s’agrègent ingénieusement des bâtiments à cour, desservis par des ruelles étroites, et dont les façades chaulées contrastent admirablement avec la pierre ocre des minarets.

Au XIXe siècle, avec l’arrivée de la modernité, une nouvelle cité s’implanta à l’est de la Médina qui n’était plus, dès lors, à elle seule, la Ville. Dans la nouvelle métropole, la Médina était devenue un ensemble de quartiers, la « ville arabe », en opposition à la « ville neuve » adjacente. Devenue obsolète,  l’enceinte fortifiée commença à s’effriter avant d’être presque entièrement démolie et la ville dite « européenne» prit forme, avec ses avenues et ses rues ombragées aménagées selon un tracé orthogonal.

Les deux villes furent toutefois reliées l’une à l’autre grâce à la création de réseaux d’électricité, d’eau potable et d’assainissement. La Médina ne devait pas subir de violentes percées haussmanniennes. Une série d’édifices publics virent le jour sur ses hauteurs, à l’ouest, lui garantissant jusqu’à ce jour, un rôle important dans la vie de la Capitale et l’administration du pays.